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50 ans d’assassinat du Président John F. Kennedy

ohn Fitzgerald Kennedy, né en 1917, fut élu en 1960 en réussissant tout d’abord à s’imposer face aux ténors du Parti démocrate, tels que les sénateurs Hubert H. Humphrey, Lyndon B. Johnsonnote 1 et Adlai Stevenson, puis en battant de justesse le candidat républicain, Richard Nixon.

Malgré cette victoire à l’arraché (à propos de laquelle un rapport du FBI de mars 1960 fait état d’un soutien financier du candidat démocrate par des membres de la mafia de Chicago dont Joe Fischetti un associé de Sam Giancana1), Kennedy devint rapidement un président très populaire quoique controversé.

Sa popularité était due à sa jeunesse, sa maîtrise des médias (on attribue souvent sa victoire électorale à un débat télévisé resté célèbre), son dynamisme (il créa notamment le concept de Nouvelle Frontière qui donna un objectif à l’Amérique : envoyer un Américain sur la Lune) et les espoirs de paix qu’il semblait incarner dans les temps troublés de la Guerre froide. Le couple qu’il formait avec son épouse Jackie, ainsi que son approche simple et directe, achevèrent de faire de Kennedy l’incarnation des espoirs d’une génération qui voulait sortir de la Guerre froide.

En revanche, sa politique, aussi bien étrangère qu’intérieure, était perçue comme « molle » à l’égard du communisme par les conservateurs. Pourtant, entré en fonction en janvier 1961, Kennedy avait lancé en mars un important programme d’armement et se déclarait prêt à s’opposer à la progression du communisme. En novembre 1961, les États-Unis déployèrent d’ailleurs en Europe 45 missiles Jupiter dont la portée permettait d’atteindre le territoire soviétique (quinze en Turquie et trente en Italie). Mais lorsque Kennedy accepta l’exécution d’un plan d’invasion de Cuba préparé par la CIA, l’opération, connue sous le nom de son lieu de débarquement, la Baie des Cochons, fut un fiasco retentissant qui entraîna le limogeage d’Allen Dulles, directeur de la CIA. De leur côté, la CIA et les exilés cubains qui avaient payé le prix fort et la droite conservatrice rendirent Kennedy directement responsable de cet échec, car ce dernier avait refusé un soutien aérien à l’opération. Au cours des mois qui suivirent, l’administration Kennedy tenta à plusieurs reprises de faire assassiner Fidel Castro et la crise des missiles de Cuba fut l’occasion, pour le jeune président, de montrer qu’il pouvait résister fermement à l’Union Soviétique. Toutefois, les conservateurs américains lui reprochèrent, à nouveau, son incompétence et le fait qu’il ait concédé le démantèlement des missiles installés en Turquie. Enfin en août 1961, alors que commençait la construction du Mur de Berlin et bien que cet acte fut contraire aux accords entre les grandes puissances, Kennedy ne réagit pas autrement que par des discours, même si le fameux « ich bin ein Berliner », prononcé lors d’une visite dans la ville, marqua les esprits.

Au Viêt Nam, considéré comme un point chaud de la lutte contre l’avancée du communisme, la politique de Kennedy ne semblait pas claire, puisque d’une part il permit le renversement de Ngô Đình Diệm, hostile à l’intervention directe des États-Unis, par une clique de généraux corrompus, alors qu’il semblait d’autre part envisager la possibilité d’évacuer les conseillers militaires américains en 1964.

Sur le plan intérieur, le point le plus novateur de la politique de l’administration Kennedy fut le processus de déségrégation raciale. En septembre 1961, des agents fédéraux furent mandatés pour permettre l’inscription d’un étudiant noir à l’université d’État du Mississippi et le président se prononça pour les droits civiques des Noirs.

Aussi, lorsqu’en novembre 1963, John F. Kennedy entama la campagne en vue de sa réélection par un voyage au Texas, il était un président très populaire dont la politique était durement contestée par la droite réactionnaire et que certains représentants considéraient comme un traître2 ; il comptait des ennemis farouches d’un bord à l’autre de l’échiquier politique, de Fidel Castro (dont il a ordonné à la CIA de se débarrasser) aux cubains anti-castristes et à la CIA – qui ne lui pardonnaient pas la Baie des Cochons en passant par la mafia qui commençait à souffrir des coups de boutoir du département de Justice sous les ordres de l’Attorney General, son frère Robert Kennedy, sans oublier tout ce que les États-Unis comptaient d’éléments racistes et réactionnaires, comme la John Birch Society.

IAPP ph /Congomnews/Benny Menga

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